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L'ALCOOL : DANGER POUR LYCEENS

A partir de cette année, la vente d'alcool devrait être interdite aux mineurs. Le projet de loi entend lutter contre les abus de l'alcool chez les jeunes.
Ca commence en janvier 2008. près d'AMIENS, deux lycéennes font un malaise en classe. On découvre alors qu'elles ont chacunes plus ou moins 2 grammes d'alcool dans le sang. Puis en juin, trois collégiennes de 14 et 15 ans, qui avaient bu de la vodka et de la téquila avant le début du cours, ont dû être hospitalisées. Une autre, à COULOMMIERS s'est écroulée, complétement ivre, aux portes du lyçée. et pour finir, un lycéen qui fêtait son bac n'a survécu à un coma éthylique.
Ce qu'on appelle le binge drinkingautrement dit la cuite express consiste à ingurgiter un max d'alcool en un minimum de temps pour un effet garanti : la défonce ! malheureusement un phénomène à la mode. les ivresses répétées ont augmenté depuis 2003 et concernent aujourd'hui 26 % des jeunes de 17 ans. Mais statistiquement, cette pratique reste difficile à mesurer. en 2006, 41 % des élèves de 15 ans  déclaraient avoir été ivres au cour de leur vie contre 30 en 2002. il concerne de plus en plus les filles , même si l'ivresse reste encore une pratique  largement masculine. 44 % des garçons déclarent avoir déjà été ivres contre 38 % des filles. "s'alcooliser reste moins valorisant pour une fille" analyse françois BECK, sociologue et responsable de l'observation et de l'analyse
 des comportements de santé à l'INPES (institut national de prévention et d'éducation pour la santé). " sauf si leurs copains se réunissent autour de l'alcool, alors la pression du groupe  les incitera à consommer. Boire beaucoup pour un garçon, c'est au contraire, montrer aux autres qu'il  sait prendre des risques, ce qui est toujours une attente sociale forte vis à vis d'eux, le non-dit du "t'es pas cap!" de l 'enfance." La consommation régulière d'alcool, elle, évolue peu : elle concerne 9 % des ados de 15 ans. ils ne boivent donc pas plus souvent aujourd'hui, mais il boivent "plus efficacement!"; voilà ce qui a changé.
"Cette quête de la perte de controle de soi est inquiétante parce qu'elle se banalise" Xavier POMMEREAU psychiatre  et directeur du pôle adolescent au CHU de BORDEAUX, pointe du doigt l'époque. " Tous les ados que je reçois me racontent la même histoire; ils vivent dans un niveau d'anxiété incroyable. on ne cessede les mettre en garde contre les dangers de la vie; Ils sont surprotégés et en même temps on leur met une pression permanente sur leur avenir. Alors ils boivent pour s'échapper."
Et pour s'échapper, que consomment-ils ? Peu de vin, une boisson qui rappelle trop les diners à table et les adultes. les ados préférent les alcools forts et les premix, ces boissons à base d'alcool fort mélangé à des aromes très sucrés de quoi faire passer l'amertume de l'alcool... et oublier que l'on en boit. d'autant que ces boissons, vendues déjà prêtes en canettes ou petites bouteilles, se présenten généralement sous des couleurs vives avec un packaging aguicheur qui évoque l'univers du soda branché ou du jus de fruit. Pourtant ces premix n'ont rien d'inoffensif. Leur taux d'alcool oscille généralemententre 5 et 8°. Une canette de premix correspond en alcool à un verre de vin ou d'alcool fort sec.
Les accidents de la route sont  la première cause de mortalité chez les 15-24 ans.  Or, dans 30 % des cas, l'alcool est en cause. Avec son côté désinhibant, l'alcool fait aussi courir des riques  de rapports sexuels non protégés. si ces ivresses sont répétées, il existe aussi un risque de  dépendance accru. On le constate d'ailleurs sur le terrain où l'age d'entrer en soins pour dépendance à l'alcool est en moyenne aujourd'hui de 25 ans alors qu'il était quelques temps de 40. Mais à quel moment peut-on parler  de consommation régulière ? consommer régulièrement, c'est avoir bu de l'alcool au moins dix fois dans les 30 deniers jours. Connaitre des ivresses répétées, c'est avoir été ivre au moins 3 fois dans l'année. Le pojet de loi examiné par le parlement doit déjà faire face à la grogne des lobbys des professionnels ( bars, épiceries, grande distribution, industriels...), déjà la publicité sur internet ne sera pas interdite pourtant c'est bien sur le net que se trouve le marché le plus attractif et le plus interactif de la pub à destination des ados. Il ne faudrait pas que ces pressions vident complétement la loi de sa substance car c'est un enjeu de santé publique qui aura des conséquences à long terme.

source : famille et éducation janv/fev 2009
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